Il existe deux familles de matériaux : ceux qui s'usent et ceux qui se patinent. Les premiers se dégradent — un stratifié rayé est simplement abîmé. Les seconds s'enrichissent — un seuil de pierre bleue creusé par quarante ans de pas est simplement beau.
La pierre bleue, notre socle
Extraite à quelques dizaines de kilomètres de nos chantiers, la pierre bleue belge est notre matériau fétiche : seuils, plans de travail, terrasses, bassins. Sa densité la destine aux endroits que la vie sollicite le plus. Adoucie, elle est presque noire ; flammée, elle devient gris ciel.

Le chêne, le bronze, le béton
Le chêne européen structure nos intérieurs : sols, escaliers, menuiseries. Nous le traitons à l'huile plutôt qu'au vernis, pour qu'il se répare et se bonifie. Le bronze, employé par touches — poignées, luminaires, robinetterie — apporte cette note chaude qui vit avec la main. Quant au béton coffré en planches, il garde l'empreinte du bois qui l'a moulé : une mémoire dans la masse.
« Nous ne choisissons pas des finitions ; nous choisissons la manière dont une maison aura vieilli dans vingt ans. »
C'est le critère qui guide chaque prescription : non pas « comment ce matériau sera-t-il neuf ? », mais « comment sera-t-il dans vingt ans, et qui saura l'entretenir ? ». La réponse écarte beaucoup de produits — et ne laisse que le nécessaire.
